Dans l'Armée de l'air, les outils sont rangés dans des "panoplies" grace auxquelles ont visualise d'un simple coup d'œil quels sont les outils en cours d'utilisation. A chaque grande interruption de travail (midi, soir), on vérifie que la panoplie est pleine, qu'il ne manque aucun outil. Le but est d'éviter qu'un outil ait pu être oublié dans un avion. J'ai vu au GERMAS de Cazaux toute une cabine de pilotage redémontée à l'issue d'un  chantier, pour trouver un petit tournevis qui manquait à l'appel. Et qui était effectivement coincé dans un secteur où il aurait pu être dangereux.

Pour l'entretien de certains hélicoptères, on utilise un outillage, un "faux écrou" monté en lieu et place de l'écrou principal du rotor pour faire certains réglages. A la fin du chantier, ce faux écrou est remplacé par le vrai.

Un jour, un atelier (civil) a livré à son client un hélicoptère avec un faux écrou à la place du vrai. Dans le désordre de l'atelier, un  faux écrou a été oublié sur la machine. Personne ne l'a vu, pas même le cadre en charge du contrôle final. Avec l'organisation en vigueur dans l'Armée de l'air, cela aurait été impossible. On aurait recherché le faux écrou manquant à la panoplie.

L'organisation matérielle de l'atelier est donc un aspect essentiel de la qualité des produits qui en sortent. Il faut fixer des règles, les faire respecter, les faire évoluer en fonction de l'expérience et des spécificités propres au métier.

 

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